La France pré-révolutionnaire
- Bardo727
- 24 mai 2021
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 déc. 2021

7 mars 2021.
Premier tournage, c'est parti. Rien que la mise en place du "plateau" prend du temps. C'est la première fois, donc chaque instant est une phase d'essai en quelque sorte.
Je règle la hauteur du trépied, place la caméra, le prompteur, installe le micro, règle l'éclairage pour que la face à l'ombre de mon visage soit moins obscure, etc. Cadrer la vidéo est une étape pénible. Un mm par ci, trois mm par là, pas trop haut ni trop bas pour que les futures bandes noires ne gâchent pas tout...
Je suis content de mon décor. Je n'ai pas eu à l'adapter pour les vidéos. Il a toujours été ainsi. C'est dans l'esprit de ce que je propose : faire en sorte que ce soit présentable mais le faire sous un jour des plus authentiques.
Sur cette chaîne, je n'ai pas envie de créer un personnage ad hoc. Les gens me verront tel que je suis, mais j'ai la main sur la vanne : je me réserve le droit de ne pas tout montrer, de ne pas déverser l'entièreté de mon être. Il y a du bon pour autrui et pour soi que de conserver une part de discrétion. C'est un luxe de nos jours que d'avoir son jardin secret (que l'on conçoit souvent comme un lieu où se cache de mauvaises choses, à tort). Je me faisais la réflexion suivante : nous sommes surpris lorsqu’une personne, notamment jeune, n'est pas sur les réseaux sociaux. C'est presque suspect... Mais si ces gens-là avaient raison ? Sont-ils détenteurs d'un privilège ?
Cette vidéo va traiter de la crise survenue juste avant la Révolution. Il me paraît important de démarrer par là. Une explosion a une origine, qu'il convient d'étudier pour la comprendre. Les pompiers enquêtent sur le départ d'incendie. Est-ce un mégot, une allumette ? Un pyromane ?
Plus largement, il est nécessaire selon moi de reprendre les éléments-clefs de cette période majeure de notre histoire. Comme souvent, ça me permet aussi de réviser les fondamentaux.
C'est parti. Ca tourne pour la toute première fois.
Rapidement, je vois comment procéder. Je lis quelques paragraphes, et je coupe. Je revisionne pour voir s'il n'y a pas d'incident, souvent plusieurs fois la même prise. C'est fastidieux, et peut-être existe-t-il une méthode plus simple, mais je ne veux pas découvrir de soucis techniques lors du montage.
C'est incontournable même. J'habite à un carrefour stratégique, en sortie de ville, très proche de la campagne. C'est donc régulièrement que des gens avec leur remorques, leur quads, leurs tracteurs, leurs ambulances sirènes hurlantes, leur bluetooth à fond, leurs musiques de rave party, ou encore leurs voitures tuning passent dans un vacarme agaçant. Il est fréquent que je doive refaire mes prises.
Je constate aussi que la luminosité peut varier, selon que les nuages soient plus ou moins présents dans le ciel. Ce ne sera pas parfait donc. Mais je trouve la lumière naturelle plus authentique, alors je continue ainsi. Tant pis pour la stabilité de l'image. Au pire, ce sera une des pistes d'amélioration pour le futur.
Vient ensuite le temps de se pencher sur le montage. J'ai opté pour Premiere Pro comme logiciel, car j'ai vu qu'il y a nombre de tutoriels sur Youtube, j'ai donc présumé que ce logiciel est efficace. Je passe là encore plusieurs heures à étudier les fondamentaux.
Puis je me lance. C'est à la fois effrayant et fascinant. Effrayant, car complexe de prime abord. Fascinant, ensuite, puisque le logiciel offre beaucoup de possibilités.
Dans un premier temps, j'effectue toutes les coupures. C'est au cours du montage que je découvre qu'il faut pré-visualiser pour rendre la machine fluide. Je visionne mon travail en basse qualité pour ne pas rendre fou mon PC.
De peur que le son ne sature, je le règle bien en dessous de 0 db. Je travaille la voix pour tenter de réduire l'écho, quitte à la rendre plus étouffée, moins naturelle.
Globalement, je suis content, car je trouve que je présente bien. J'ai pu être clair et dynamique. Ca mériterait un peu plus d'aisance, mais c'est le premier tournage.
A mesure que j'avance le projet, je découvre que cette étape peut être très sympathique. Cela me permet de laisser libre court à ma fibre artistique. Je trouve ça génial que de pouvoir produire une chose dont à la fin on dira : "elle est unique, tout provient de mon esprit".
Cependant, je remarque aussi que le logiciel semble comme me supprimer tout ou partie de certaines prises. J'ai pourtant respecté les fondamentaux du montage. Je commence à devenir fou. Même au niveau des essais à l'exportation (qui dure très longtemps) je vois qu'il y a des incidents. Le moral baisse. Les problèmes s'accumulent, et ce n'est que la première vidéo.
J'ai parfois envie d'hurler face à ce travail de sape accompli par le logiciel, qui devrait ne pas me trahir de la sorte. A chaque fois que je répare une section contaminée du projet, j'ai le problème qui arrive ailleurs. Un calvaire. Parfois, je crois que tout est résolu, et je m'aperçois qu'un autre problème est apparu, tel le marin qui applique des rustines sur des fuites pendant que d'autres se manifestent. A cran, j'ai parfois envie de pleurer de frustration.
Il y a plusieurs soirs où à peine rentré du travail, je travaille dessus jusqu'à 23h, sans manger, obsédé par la réussite. Je dois réussir. Je ne peux pas m'arrêter là.
Ma mère me dit qu'il faut que je lâche prise, que je cesse d'être si exigeant avec moi-même. Mais pour moi c'est un projet central dans ma vie, pour tout un tas de raisons. Je dois le faire, c'est comme ça.
Mes parents doivent venir à Pâques. Je veux qu'ils voient le fruit de mon œuvre, après tout ce temps à ne cesser de leur expliquer que je vais créer quelque chose d'incroyable (eux aussi ont dû subir des heures d'exposé sur ce que sera la chaîne, etc.). Ils doivent se dire avec le temps que je m'emballe. Moi-même j'ignore si l'objectif que je vise va être atteint.
Je finis par leur montrer le projet, quasiment fini, en les prévenant qu'il y a une section de quelques dizaines de secondes dépourvue de son.
Après visionnage, ils sont ébahis. Je suis content. C'est un début de récompense. Toutefois, je ne fonde pas tout sur l'opinion de mes proches. Le vrai test sera lorsque je révèlerai mon projet à "la face du monde". Ce sera l'instant de vérité.
Après avoir resynchronisé des sections entières défectueuses, je décide d'exporter les sections valides pour un remontage ultérieur. En marge de cela, je demande des avis sur des forums "geek". Généralement, les gens sont très serviables. L'ennui avec le net, c'est que tout devient vite caduc, symbole d'une époque où le temps long ne semble plus avoir sa place.
Je suis quelqu'un d'ordinaire assez patient. Sauf pour l'informatique, et encore moins lorsqu'il s'agit d'un travail de dizaines d'heures. Surtout que je commence à m'impatienter : je veux lancer au plus vite ma chaîne, sans bâcler la fin de ce temps préparatoire.
Je bascule sur DaVinci Resolve. Je remonte les prises provenant de l'autre logiciel, bricole le tout. L'avantage, c'est que les deux logiciels se ressemblent, donc j'essaye de voir le positif en me disant que tout n'est pas perdu. J'essaye toujours de voir le bon côté des choses qui s'imposent à moi.
Une fois le tout réassemblé, je le visionne. C'est bon. Je me retiens de le revisionner, comme si je voulais m'assurer que c'était correct.
Au final, je parviens à faire un export (plus rapide) sans encombre. Le fichier est même plus léger, et je n'ai rencontré aucun problème lors de ce remontage partiel. La prochaine vidéo sera montée sur ce nouveau logiciel, et si c'est impeccable, je passerai définitivement sur celui-ci.
Je revisionne le fichier créé pour m'assurer que celui-ci est fidèle au montage. Comme à chaque visionnage, je finis par me lasser voire m'agacer de moi-même. C'est bon.
Puis je l'importe sur Youtube, où, dans une sorte de sur-perfectionnisme post-montage, je le revisionne pour m'assurer qu'il est ce coup-ci fidèle à ce que j'ai importé. Je complèterai les détails du style miniature, description etc. ultérieurement.
Tout est bon. C'est incroyable. J'ai réussi à me sortir de ce bourbier. Je suis satisfait et en même temps frustré d'avoir perdu autant de temps de manière inexplicable.
Bilan : cette vidéo est achevée le 10 avril, soit plus d'un mois après son tournage. Je me console en me disant que j'ai entamé le tournage avec plusieurs semaines d'avance.
Entre-temps, j'ai pris la décision de réduire mon nombre de vidéos au lancement. Il y en aura au final neuf : six immédiatement disponibles (deux par section), et trois en publication programmée (une pour chaque section), dont la mise en ligne s’effectuera semaine après semaine, pour prolonger la communication autour du lancement.
Toujours est-il que je dois encore en boucler... huit. Pour un lancement deuxième quinzaine de juillet (je veux partir en congés d'été en ayant lancé la chaîne). Ca va être délicat, mais j'ai prévu le coup.
En effet, au début de l'année, j'ai posé des congés pour me créer des ponts en mai, et, surtout, dans la mesure où je travaille chaque semaine un peu plus que ce que le calendrier prévisionnel prévoit, j'ai calculé qu'en avril je pourrai placer une semaine de RTT. Je vais donc consacrer l'intégralité de celle-ci à la préparation du lancement.
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