Genèse (6/9)
- Bardo727
- 24 mai 2021
- 3 min de lecture

Février 2020.
Je suis angoissé par mon avenir. Je ne suis rien. Aucune expérience tangible dans mon domaine d'études. Je prends de l'âge. Tous les recruteurs demandent que l'on ait 20 ans, 25 ans d'expérience, deux doctorats, une flexibilité sept jours sur sept ainsi que la maîtrise de huit langues. C'est très mal parti pour quelqu'un comme moi.
Mais à chaque fois que j'ai été en difficulté, j'ai toujours tenté la carte de la persévérance. Et ça a toujours payé. J'ai décrété que j'améliorerai ma vie en ce début d’année 2020, et c'est ce que je ferai, quoiqu'il se passera.
La nuit, le matin, l'après-midi, je demeure préoccupé par ma recherche d'emploi. Il faut semer des centaines de graines en espérant qu'une seule trouver la bonne terre fertile. Attendre. J'ai souvent envie de dire dans mes postulations que je suis capable de m'adapter, que les diplômes ne font pas tout, etc.
Je suis si désespéré que je postule partout en France. Ensuite, je cantonne ma recherche dans l'Est. Il me faut être stratégique. Se rendre à un entretien à l'autre bout du pays sera délicat. Et puis, il faut que je tente un secteur porteur, même si cela ne relève pas totalement de ma formation de base.
Je finis par décrocher au bout de quelques semaines une promesse d'embauche. Les premiers contacts se passent bien. Et tout s'accélère.
En trois semaines, je parviens ainsi à organiser mon déménagement et mon emménagement dans ma nouvelle région. Deux remarques : oui, les Ardennes sont bien franchissables ; oui j'ai fait deux fois plus vite que les Allemands. Cette ligne Maginot n'était peut-être pas une si bonne idée...
J'arrive le 12 mars, pour entamer mes débuts professionnels le 16. Stressé mais déterminé. Il faut aller au bout de mon accomplissement en tant qu'homme. Trouver la gratification de ramener ses propres sous et de prendre son destin en main.
Arrive en parallèle une aubaine qui paraîtra tel un malheur pour la majeure partie de la planète : le COVID-19.
Le 17 mars, après discussion avec mon employeur, il est décidé de repousser ma formation et de me mettre au chômage partiel. Je vais donc passer les prochaines semaines en étant payé à rester chez moi. Situation incroyable. J’ai un peu de scrupules, mais c’est ainsi.
S’offre à moi une opportunité qui ne se représentera pas. Je vais pouvoir reprendre avec intensité le travail sur mes scripts.
Pour ainsi dire, la crise n'aura jamais eu d'effet me concernant. Ayant développé petit à petit un mode de vie où je pouvais sans problème passer du temps chez moi, je n'ai pas eu à me plaindre de cette situation, bien au contraire. D'ailleurs, je vivais déjà comme confiné lorsque j'habitais la Belgique.
Je vis désormais dans un grand appartement, de retour dans mon pays, et passe mes journées à me détendre entre deux moments de rédaction. Ca y est, peut-être que le vent tourne bel et bien en ma faveur.
Je veille tout de même à conserver une rigueur de vie, pour éviter de céder aux sirènes de l'oisiveté, mère de tous les vices.
J'écris ainsi énormément. Au total, je suis déconfiné après avoir rédigé une trentaine de scripts (et ainsi autant de WordPad), concernant soit l'astronomie, soit la politique/histoire. Je sais que je serai tranquille un certain temps comme ça.
J'ai aussi pris le temps d'effectuer une enquête préliminaire sur le matériel technique pour réaliser les vidéos. C'est l'étape que je redoute le plus.
Je me projette aussi concernant le type de contenu qu'il y aura sur ma chaîne. Je sais qu'elle ne respectera pas du tout les codes requis de nos jours pour rencontrer le succès. Tant pis. Je travaille et m’entraîne pour être Bardo, car c'est lui qui vit et se révèle. Je suis au gabarit de moi-même, et j’entends me présenter sous le jour qui est le mien.
Comments